Rousseau avec et contre les Lumières : l’ambivalence de la notion de perfectibilité (fr) & Das Denken der Aufklärung als Inspiration und Auftrag (de)

Île Saint-Pierre (Départ en bateau depuis Bienne à 12h00, retour à Bienne à 17h45)
12:00 - 17:45

Blaise Bachofen

Ancien élève de l’ENS Ulm et agrégé de philosophie, maître de conférences à l’université de Cergy-Pontoise. Spécialiste de philosophie politique et juridique, Blaise Bachofen est un chercheur orienté vers les théories du contrat social, en particulier chez Rousseau, la pensée de Rousseau en général (il est l’auteur d’une étude sur la pensée politique de J.-J. Rousseau et a coédité de nombreux ouvrages collectifs d’études rousseauistes et des éditions d’œuvres de Rousseau), ainsi que la pensée économique, les questions liées à la guerre et le droit international.

Rousseau avec et contre les Lumières : l’ambivalence de la notion de perfectibilité

La notion de « perfectibilité » est au cœur de l’œuvre de Rousseau. Il s’agit d’un quasi-néologisme : on ne rencontre le terme qu’une fois. Or c’est une notion centrale pour comprendre le rapport complexe que Rousseau entretient avec les Lumières. Rousseau est-il dans le camp de la raison, du progrès, ou dans celui des conservateurs, alors associés aux théologiens ? La reprise du terme de « perfectibilité » par Condorcet illustre l’optimisme historique qui s’élabore au XVIIIe siècle et prolonge cette controverse. Condorcet comprend la « perfectibilité » comme « faculté de se rendre plus parfait ». Or la « perfectibilité », chez Rousseau, a un tout autre sens. C’est la faculté de « perfectionner ses facultés » ; par conséquent, la capacité de développer des savoirs théoriques et techniques… mais aussi l’imagination et les passions, l’amour propre, la mégalomanie, le désir de domination. L’homme « perfectionné », pris en ce sens, n’est en rien plus « parfait » dans l’absolu. Ses facultés, plus actives, peuvent le mener au pire comme au meilleur. L’histoire et l’actualité témoignent du caractère remarquablement prémonitoire de cette anthropologie.

Marie-Luisa Frick

geboren 1983, ist habilitierte Professorin und arbeitet als Assoziierte Professorin am Institut für Philosophie der Universität Innsbruck, forscht und lehrt zu den Themenfeldern Rechtsphilosophie und Politische Philosophie, Ethik, Religionsphilosophie, Philosophische Ideengeschichte (17./18. Jahrhundert) und Wissenschaftstheorie.

Das Erstarken politischer Ränder, ansteigende (religiöse, politische, militärische) Gewalt und ein Vertrauensverlust in Wissenschaften und Medien legen uns anscheinend nahe, dass die Aufklärung dem Ende nahe sei.

Marie-Luisa Frick zeigt aber: Aufklärung ist kein „Erbe", bei dem wir immer schon wüssten, worum es sich handelt. Mutiges und eigenständiges Denken müssen wir uns immer wieder neu erarbeiten und immer wieder neu entdecken. Oder, wie Frick es ausdrückt: „Die Zukunft des Humanismus, sie liegt zwischen Verzagtheit und Übermut“.