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Guide pratique pour les étudiants

Cette page n'exprime que les opinions personelles de l'auteur et n'aspire à aucune forme d'autorité officielle. Je reprends plusieurs idées de Jim Pryor (Princeton) et des idées et des formulations de Michel Seymour (Montréal).

Pourquoi étudier la philosophie ?

Avant tout, l'étude de la philosophie est un plaisir en soi. Les philosophes font la philosophie parce qu'ils adorent faire cela.

S'il vous arrive de devoir justifier votre choix (amis, familles, subsides, politiciens), voilà ce que vous pouvez dire:



Comment étudier la philosophie ?

Le plus important dans l'étude de la philosophie est qu'on apprenne à penser. Apprendre à penser se fait en discutant, en lisant et en écrivant. Discuter est important pour avoir des idées et savoir les formuler et les défendre. Lire est important pour avoir des idées et une impression générale de la géographie des positions possibles. Ecrire est important pour concrétiser des positions et pour donner une forme fixe à la pensée souvent fluctuente.

La deuxième chose importante est qu'on ait un goût pour la bonne philosophie. La bonne philosophie est la philosophie claire et perspicace qui traite de problèmes réels et importants. C'est la philosophie faite, p.ex., par des philosophes comme W.V.O. Quine ou David Lewis. Il ne faut pas penser qu'il faut procéder par ordre chronologique. Au contraire, il faut commencer par les oeuvres "classiques" de la philosophie contemporaine et de bons livres d'introduction. Voilà ce que je conseille. Avoir une bonne connaissance de la philosophie contemporaine aide énormément à comprendre l'histoire de la philosophie, et inversément.

La troisième chose importante est de développer une passion pour plusieurs des champs de la philosophie, se laissant guider par d'excellentes livres. Voilà ce que je conseille. Ne pas oublier que la philosophie comprend beaucoup de différents domaines et que presque toute question intéressante permet un traitement philosophique.

Voilà quelques liens utiles:



Comment commencer à étudier la philosophie ?

Le début des études de philosophie est difficile: personne ne vous dit ce qu'il faut faire dans quel ordre ni ce qui est vraiment important. Voilà ce que je pense sur ces sujets:

Le plus important, c'est d'avoir une bonne base dans les domaines classiques et fondamentaux de la philosophie, c'est-à-dire la logique, la métaphysique, l'épistémologie et la philosophie du langage.

En même temps, il est souhaitable de trouver quelques "petits" sujets (peut-être plus marginaux) desquels on peut discuter avec ses amis, dont ont peut développer un enthousiasme et qui donnent une impression de la largeur de cette merveilleuse discipline. Quelques exemples: la guerre juste, l'avortement, la prostitution, l'amour, le sexe, la métaphore, le végétarisme, le sens de la vie, les émotions, la nourriture, la syntaxe du ballet, les hallucinations, le problème de Molyneux, le statut ontologique des ombres, etc. L'important dans tous ces cas n'est pas de trouver de réponse juste (peut-être qu'il n'y en a pas), mais d'appliquer ce qu'on a appris en logique et en métaphysique et développer des raisonnements clairs et concis (voir ci-dessous pour ce qu'est un argument).

Ce qu'est la bonne philosophie:

Quelques conseils paternalistes:

Comme introductions générales à la philosophie, je conseille les deux livres suivants:

Pour vous faire une idée des différentes domaines de la philosophie, voilà un petit test à faire. Pour vous faire une idée très générale de ce qui est important dans l'histoire de la philosophie, voilà une liste des 50 philosophes qu'il faut (ou faudrait) connaître.

Voilà quelques liens utiles:



Comment lire un texte philosophique ?

Une chose importante à faire est de bien identifier quelle est la question de départ de l'auteur et quelles sont ses conclusions. Faites spécialement attention aux premiers paragraphes et aux paragraphes de conclusion. Les informations que vous y trouverez vous permettront souvent de mieux suivre l'ensemble du texte de l'auteur, de comprendre sa méthode et son approche. Il faudra particulièrement être attentif à la distinction importante entre une thèse principale et des arguments auxiliaires que l'auteur emploie afin de renforcer sa thèse principale. Il y a donc en général un argument principal, qui lui-même repose sur une série d'arguments secondaires.

Faites attention également à tous les marqueurs logiques : " parce que, ainsi, dès lors, néanmoins, d'une part, d'autre part, etc. "

Je vous conseille de rédiger pour vous-mêmes un petit schéma du texte que vous avez lu. On devrait retrouver dans ce schéma les informations suivantes :

Il faut en outre reconnaître la structure d'une argumentation, déterminer sa validité et les raisons de celle-ci (identifier les sophismes, les paralogismes, etc. ou montrer que l'argument en est exempt, expliquer pourquoi l'argument vous semble convaincant). Il vous faudra bien su^r vous armer de patience. Un texte philosophique nécessite très souvent plusieurs lectures, ce qui ne veut pas dire nécessairement qu'il n'est pas clair. Un texte complexe est souvent difficile et profond, et demande une analyse minutieuse.

Un bon conseil : lisez d'abord un texte et consultez ensuite vos collègues étudiants a son sujet. Partagez vos informations et vos remarques et discutez ensemble les principaux arguments de l'auteur. N'hésitez pas à sortir du texte afin de pousser le plus loin possible la réflexion que vous êtes en train de faire sur les thèses de l'auteur.

Comment rédiger un travail écrit ?

introduction : exposer le problème.
Qu'il s'agisse d'une analyse de texte ou d'une dissertation, il vous faut clairement identifier quelles sont ou les principales thèses que vous entendez défendre ou que vous prêtez à l'auteur du texte que vous étudiez. En plus, il faut exposer de manière succincte le principal argument employé en vue de soutenir la thèse. Ainsi, il ne faut pas dire : " Je pense que X " ou encore : " X pense Y ". On attend de vous quelque chose comme : " Je pense que X parce que Y. J'essaierai de montrer ici qu'il est difficile de ne pas accepter Y, ce qui nous conduit inévitablement à accepter X ". Ou encore, si vous devez juger de la thèse d'un auteur donné : " X pense Y, parce que Z. Or, je crois que même si nous acceptons Z, il n'est pas certain, à l'encontre de ce que pense X que la seule conclusion possible soit Y".

Il s'agit donc de reconstruire la situation initiale du problème, c'est-à-dire avant que n'en soit envisagée quelque résolution que ce soit. Il importe de montrer pourquoi la problématique est acceptable. En d'autres termes, votre problématique ne doit pas correspondre à une question absurde ou trop générale, etc. Très souvent, la question que vous voulez poser n'est pas clairement exprimée et donne l'impression que vous ne comprenez pas votre propre question.

Selon ce qu'on vous demandera de faire, vous aurez à annoncer dans votre introduction quelle sera la principale fonction de votre texte :

Vous pouvez vous estimer satisfait d'avoir montré quels sont les principaux défauts d'une thèse sans avoir pour autant montrer que cette même thèse ne valait rien du tout.

Si modeste soit votre contribution, le plus important est qu'elle soit la vôtre. Vous devez donc vraiment prendre une certaine distance par rapport aux textes étudiées ou par rapport à votre propre réflexion, pour vous exprimer clairement sans vous sentir prisonnier du vocabulaire des auteurs étudiés ou d'un jargon philosophique que vous maîtrisez mal.

Comme pour la lecture d'un texte, l'écriture suppose une réflexion, qui elle-même bénéficiera beaucoup d'une rencontre avec des collègues étudiants. En outre, si vous présentez vos idées à vos condisciples, ils seront non seulement à même d'en discuter avec vous mais de vous dire s'ils comprennent ce que vous voulez dire. Aussi bonne soit votre idée, si elle n'est pas clairement exprimée, personne ne la comprendra. Ne vous contentez pas d'une réponse du genre : " Oui, je vois ce que tu veux dire ". Demandez-leur de vous redire dans leurs propres mots ce que vous avez dit. Une discussion peut naître facilement d'un tel type d'échange.


Processus de résolution du problème : développement

Il y a d'abord ce qu'on pourrait nommer la mise en perspective du problème, car il s'agit de montrer clairement ce qui, dans celui-ci, sera mis en lumière selon l'angle d'observation choisi. Il y a ensuite l'exposition logique de la thèse - ou des thèses - que vous entendez défendre ou exposer. Il faut la résumer, pour ensuite en montrer toutes les étapes logiques. Cela exige de vous un plan précis des étapes de l'argumentation que vous analysez ou que vous proposez. Il doit être possible de vous suivre sans qu'il soit nécessaire de connaître les thèses exposées ou le vocabulaire employé. La plupart du temps, il est utile d'expliciter ce que vous dites en répétant et en exposant différemment un même point, mais à condition seulement que cette variante contribue à la précision de votre analyse (vous ne devez pas bêtement vous répéter). C'est ce qui fera toute la différence entre une analyse dont vous êtes l'auteur et une analyse que l'on doit inférer de votre texte.


Conclusion : il vous faut revenir sur l'énoncé des données et sur le dégagement des résolutions possibles du problème, en résumant pourquoi, si tel est le cas, il a semblé nécessaire d'en choisir une pluto^t qu'une autre. Enfin, vous devez expliquer quels avantages ou quels problèmes présente votre réponse afin d'ouvrir un espace théorique pour d'autres travaux ou pour en montrer les enjeux de manière plus générale.


Voici quelques conseils généraux:



Comment écrire un travail de séminaire en philosophie ?

La manière la plus simple d'écrire un travail de séminaire ou une evalutation notée hors session est de le faire dans un cours, un séminaire ou dans des travaux pratiques. Souvent, un tel travail se compose de plusieurs parties qui sont rédigées au cours du semestre.

Un travail de séminaire rédigé hors session se fait de la manière suivante (chez moi, et ceci varie beaucoup selon les enseignants):

Pour l'évaluation des travaux notés, je suivrai ce schéma:

base                                         4

bonne compréhension des problèmes            + 0.5     
très bonne compréhension des problèmes       + 1     
bonne argumentation                          + 0.5      
très bonne argumentation                     + 1      
fautes d'orthographe, langage trop compliqué - 0.5     
beaucoup de fautes d'orthographes            - 1      
bonne structure du travail                   + 0.5      
erreurs de contenu                           - 0.5      
beaucoup d'erreurs de contenu                - 1      
erreurs d'argumentation                      - 0.5      
beaucoup d'erreurs d'argumenation            - 1     
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Comment écrire un mémoire en philosophie ?

Pour écrire un mémoire ou un autre grand travail en philosophie, la manière la plus simple de procéder est la suivante:



Quelques liens et bibliographies





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