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Guide pratique pour les étudiants
Cette page n'exprime que les opinions personelles de l'auteur et n'aspire à aucune forme d'autorité officielle. Je reprends plusieurs idées de Jim Pryor (Princeton) et des idées et des formulations de Michel Seymour (Montréal).
Avant tout, l'étude de la philosophie est un plaisir en soi. Les philosophes font la philosophie parce qu'ils adorent faire cela.
S'il vous arrive de devoir justifier votre choix (amis, familles, subsides, politiciens), voilà ce que vous pouvez dire:
- La philosophie est la plus ancienne science et la mère de toutes les autres. Une société qui chasse ses philosophes a tout perdu. Le seul département que les Talibans ont fermé après leur prise de Kabul était le département de philosophie; ils l'ont remplacé par un département de théologie.
- La philosophie peut aider à résoudre des problèmes pratiques. La philosophe Avishai Margalit, dans le Times Literary Supplement a proposé une solution pratiquable et juste pour la partition de la colline sacrée à Jérusalem, où se trouvent la mosquée Al-'Aqsa et le mur des lamentations, qui utilise des concepts analysés dans la métaphysique contemporaine comme celui de "surface". Ned Block, philosophe à la NYU, a démontré dans un article disponible ici les confusions et erreurs des scientifiques qui ont publié "The Bell Curve", argumentant que les noirs aux EU étaient moins intelligents que les blancs et que c'était dû à leurs gènes, et il montre que même les critiques de cette théorie raciste ont refait les mêmes erreurs conceptuelles.
- Faites un argument philosophique: montrez que la thèse selon laquelle la philosophie a besoin d'une justification extérieure réside sur des présuppositions et préjugés faux. En les impliquant dans un argument philosophique, montrez-leur que seule la philosophie peut critiquer la philosophie et qu'elle est donc indispensable pour sa propre abolition.
Le plus important dans l'étude de la philosophie est qu'on apprenne à penser. Apprendre à penser se fait en discutant, en lisant et en écrivant. Discuter est important pour avoir des idées et savoir les formuler et les défendre. Lire est important pour avoir des idées et une impression générale de la géographie des positions possibles. Ecrire est important pour concrétiser des positions et pour donner une forme fixe à la pensée souvent fluctuente.
La deuxième chose importante est qu'on ait un goût pour la bonne philosophie. La bonne philosophie est la philosophie claire et perspicace qui traite de problèmes réels et importants. C'est la philosophie faite, p.ex., par des philosophes comme W.V.O. Quine ou David Lewis. Il ne faut pas penser qu'il faut procéder par ordre chronologique. Au contraire, il faut commencer par les oeuvres "classiques" de la philosophie contemporaine et de bons livres d'introduction. Voilà ce que je conseille. Avoir une bonne connaissance de la philosophie contemporaine aide énormément à comprendre l'histoire de la philosophie, et inversément.
La troisième chose importante est de développer une passion pour plusieurs des champs de la philosophie, se laissant guider par d'excellentes livres. Voilà ce que je conseille. Ne pas oublier que la philosophie comprend beaucoup de différents domaines et que presque toute question intéressante permet un traitement philosophique.
Voilà quelques liens utiles:
Le début des études de philosophie est difficile: personne ne vous dit ce qu'il faut faire dans quel ordre ni ce qui est vraiment important. Voilà ce que je pense sur ces sujets:
Le plus important, c'est d'avoir une bonne base dans les domaines classiques et fondamentaux de la philosophie, c'est-à-dire la logique, la métaphysique, l'épistémologie et la philosophie du langage.
En même temps, il est souhaitable de trouver quelques "petits" sujets (peut-être plus marginaux) desquels on peut discuter avec ses amis, dont ont peut développer un enthousiasme et qui donnent une impression de la largeur de cette merveilleuse discipline. Quelques exemples: la guerre juste, l'avortement, la prostitution, l'amour, le sexe, la métaphore, le végétarisme, le sens de la vie, les émotions, la nourriture, la syntaxe du ballet, les hallucinations, le problème de Molyneux, le statut ontologique des ombres, etc. L'important dans tous ces cas n'est pas de trouver de réponse juste (peut-être qu'il n'y en a pas), mais d'appliquer ce qu'on a appris en logique et en métaphysique et développer des raisonnements clairs et concis (voir ci-dessous pour ce qu'est un argument).
Ce qu'est la bonne philosophie:
- C'est l'emploi des arguments, un argument étant une considération qui vise à donner une raison de croire une thèse particulière. C'est pour cela que la logique est cruciale.
- C'est la sensibilité aux problèmes, en particulier aux problèmes liés à l'interprétation du langage ordinaire. C'est pour cela que la philosophie du langage est importante.
- C'est le dévelopement de théories, une théorie étant une élucidation d'un problème qui vise à la cohérence, la plausibilité et la globalité. C'est pour cela que la philosophie contemporaine se divise en plusieurs branches, notamment la métaphysique, l'épistémologie, l'éthique et la philosophie sociale et politique.
Quelques conseils paternalistes:
- Collaborez. La philosophie s'apprend en discutant.
- Ecrivez. Savoir formuler clairement ce qu'on pense est beaucoup plus important qu'avoir beaucoup lu.
- Posez des questions. Si n'avez pas compris, c'est toujours la faute de l'enseignant.
- Apprenez l'anglais. La littérature anglophone est en général plus facile d'accès et écrite dans un style plus clair que la francophone.
Comme introductions générales à la philosophie, je conseille les deux livres suivants:
- Nagel, Thomas 1993, Qu'est-ce que tout cela veut dire ?, traduit de l'anglais par Ruwen Ogien, Combas : Editions de l'Eclat
- Rosenberg, Jay F. 1976 The Practice of Philosophy: A Handbook for Beginners, London: Prentice Hall, 3ème édition 1996
- Magee, Bryan 2001, Histoire illustrée de la philosophie, trad. de l'anglais par Christian Molinier, Cécile Nelson, Marie-Odile Kastner, et al., Paris: le Pré aux clers
Pour vous faire une idée des différentes domaines de la philosophie, voilà un petit test à faire. Pour vous faire une idée très générale de ce qui est important dans l'histoire de la philosophie, voilà une liste des 50 philosophes qu'il faut (ou faudrait) connaître.
Voilà quelques liens utiles:
Une chose importante à faire est de bien identifier quelle est la question de départ de l'auteur et quelles sont ses conclusions. Faites spécialement attention aux premiers paragraphes et aux paragraphes de conclusion. Les informations que vous y trouverez vous permettront souvent de mieux suivre l'ensemble du texte de l'auteur, de comprendre sa méthode et son approche. Il faudra particulièrement être attentif à la distinction importante entre une thèse principale et des arguments auxiliaires que l'auteur emploie afin de renforcer sa thèse principale. Il y a donc en général un argument principal, qui lui-même repose sur une série d'arguments secondaires.
Faites attention également à tous les marqueurs logiques : " parce que, ainsi, dès lors, néanmoins, d'une part, d'autre part, etc. "
Je vous conseille de rédiger pour vous-mêmes un petit schéma du texte que vous avez lu. On devrait retrouver dans ce schéma les informations suivantes :
- La thèse principale de l'auteur
- Les principaux arguments employés en vue de défendre sa thèse
- Les principaux termes employés par l'auteur et leur définition (ce que l'auteur vous donne comme information au sujet du vocabulaire qu'il emploie. Ex : " Par x, je veux dire y ").
- Toutes les affirmations qu'il faut accepter comme telles, sans justification de la part de l'auteur.
- Toutes les idées ou expressions ambiguës. C'est souvent à partir de ces dernières que vous pourrez montrer les faiblesses d'un texte.
Il faut en outre reconnaître la structure d'une argumentation, déterminer sa validité et les raisons de celle-ci (identifier les sophismes, les paralogismes, etc. ou montrer que l'argument en est exempt, expliquer pourquoi l'argument vous semble convaincant). Il vous faudra bien su^r vous armer de patience. Un texte philosophique nécessite très souvent plusieurs lectures, ce qui ne veut pas dire nécessairement qu'il n'est pas clair. Un texte complexe est souvent difficile et profond, et demande une analyse minutieuse.
Un bon conseil : lisez d'abord un texte et consultez ensuite vos collègues étudiants a son sujet. Partagez vos informations et vos remarques et discutez ensemble les principaux arguments de l'auteur. N'hésitez pas à sortir du texte afin de pousser le plus loin possible la réflexion que vous êtes en train de faire sur les thèses de l'auteur.
introduction : exposer le problème.
Qu'il s'agisse d'une analyse de texte ou d'une dissertation, il vous faut clairement identifier
quelles sont ou les principales thèses que vous entendez défendre ou que vous
prêtez à l'auteur du texte que vous étudiez. En plus, il faut exposer de manière succincte
le principal argument employé en vue de soutenir la thèse. Ainsi, il ne faut
pas dire : " Je pense que X " ou encore : " X pense Y ". On attend de vous quelque
chose comme : " Je pense que X parce que Y. J'essaierai de montrer ici qu'il
est difficile de ne pas accepter Y, ce qui nous conduit inévitablement à accepter
X ". Ou encore, si vous devez juger de la thèse d'un auteur donné : " X pense
Y, parce que Z. Or, je crois que même si nous acceptons Z, il n'est pas certain,
à l'encontre de ce que pense X que la seule conclusion possible soit Y".
Il s'agit donc de reconstruire la situation initiale du problème, c'est-à-dire
avant que n'en soit envisagée quelque résolution que ce soit. Il importe de
montrer pourquoi la problématique est acceptable. En d'autres termes, votre
problématique ne doit pas correspondre à une question absurde ou trop générale, etc. Très
souvent, la question que vous voulez poser n'est pas clairement exprimée et
donne l'impression que vous ne comprenez pas votre propre question.
Selon ce qu'on vous demandera de faire, vous aurez à annoncer dans votre introduction quelle sera la principale
fonction de votre texte :
- critiquer un argument
- défendre un argument
- montrer quelles sont les raisons ( qui ne sont pas nécessairement celles de l'auteur) pour lesquelles
il est raisonnable d'être d'accord avec lui
- Présenter des contre-arguments (même si vous êtes en faveur de la thèse étudiée)
- Présenter les forces et les faiblesses de la thèse (la vôtre ou celle de l'auteur)
- Comparer la thèse étudiée (ou votre thèse) à celle d'autres auteurs
- Montrer les conséquences insoupconnées d'une thèse ( ex. : dire X suppose que l'on accepte aussi Y, car bla bla bla).
Vous pouvez vous estimer satisfait d'avoir
montré quels sont les principaux défauts d'une thèse sans avoir pour autant
montrer que cette même thèse ne valait rien du tout.
Si modeste soit votre contribution, le plus important est qu'elle soit la vôtre.
Vous devez donc vraiment prendre une certaine distance par rapport aux textes
étudiées ou par rapport à votre propre réflexion, pour vous exprimer clairement
sans vous sentir prisonnier du vocabulaire des auteurs étudiés ou d'un jargon
philosophique que vous maîtrisez mal.
Comme pour la lecture d'un texte, l'écriture suppose une réflexion, qui elle-même
bénéficiera beaucoup d'une rencontre avec des collègues étudiants. En outre,
si vous présentez vos idées à vos condisciples, ils seront non seulement à même
d'en discuter avec vous mais de vous dire s'ils comprennent ce que vous voulez
dire. Aussi bonne soit votre idée, si elle n'est pas clairement exprimée, personne
ne la comprendra. Ne vous contentez pas d'une réponse du genre : " Oui, je vois
ce que tu veux dire ". Demandez-leur de vous redire dans leurs propres mots
ce que vous avez dit. Une discussion peut naître facilement d'un tel type d'échange.
Processus de résolution du problème : développement
Il y a d'abord ce qu'on pourrait nommer la mise en perspective du problème, car il s'agit de montrer
clairement ce qui, dans celui-ci, sera mis en lumière selon l'angle d'observation
choisi. Il y a ensuite l'exposition logique de la thèse - ou des thèses - que
vous entendez défendre ou exposer. Il faut la résumer, pour ensuite en montrer
toutes les étapes logiques. Cela exige de vous un plan précis des étapes de
l'argumentation que vous analysez ou que vous proposez. Il doit être possible de vous
suivre sans qu'il soit nécessaire de connaître les thèses exposées ou le vocabulaire employé. La plupart du temps, il est utile d'expliciter ce que vous
dites en répétant et en exposant différemment un même point, mais à condition
seulement que cette variante contribue à la précision de votre analyse (vous
ne devez pas bêtement vous répéter). C'est ce qui fera toute la différence entre
une analyse dont vous êtes l'auteur et une analyse que l'on doit inférer de
votre texte.
Conclusion : il vous faut revenir sur l'énoncé des données et sur le dégagement des résolutions
possibles du problème, en résumant pourquoi, si tel est le cas, il a semblé
nécessaire d'en choisir une pluto^t qu'une autre. Enfin, vous devez expliquer
quels avantages ou quels problèmes présente votre réponse afin d'ouvrir un espace
théorique pour d'autres travaux ou pour en montrer les enjeux de manière plus
générale.
Voici quelques conseils généraux:
- Structure:
- Faites-vous un plan ! N'écrivez pas sans avoir une bonne idée de ce que vous allez dire.
- Evitez les introductions longues et non-pertinentes. Au lieu d'écrire "Comme tout le monde sait, Locke était un grand philosophie qui fait partie d'une éminante tradition de penseurs empiricistes qui se livrait une bataille violante avec une autre école, celle des rationalistes, dont les figures les plus importantes sont Descartes et Leibniz. Dans son livre "Essai philosophique concernant l'Entendement humain" qui a paru au dix-septième siècle et qui a été traduit en français par M Coste quelques années plus tard, Locke soulève des considérations pertinents aux sujet de l'existence des idées inées." écrivez "John Locke, dans son "Essai philosophique concernant l'Entendement humain", défendait l'existence des idées innées avec les arguments suivants: ...".
- Ecrivez une conclusion où vous résumez votre argument.
- Choississez une bonne structure qui est transparente et qui vous oblige d'être perspicaces. N'hésitez pas à indiquer - et pas seulement en introduction - ce que vous
faites et ce que vous ferez tout au long de votre texte. Exemple : " Je
commencerai par montrer que la thèse X n'est pas compréhensible sans d'abord
expliquer l'importance de Y pour X ". " J'ai dit que Y supposait Y. Il reste
que Y lui-même repose sur la thèse Z. J'exposerai maintenant la thèse Z
et montrerai pourquoi elle est le fondement de Y ". " J'ai montr? la différence
entre la thèse X et la thèse Y. Je vais maintenant montrer les raisons pour
lesquelles je crois qu'il faut choisir la thèse Y".
- Style:
- Soyez perspicaces: réfléchissez à la bonne manière de dire ce que vous voulez dire et ne le dites qu'une seule fois. Chaque paragraphe, au mieux, n'exprime qu'une seule pensée.
- Justifiez le plus possible ce que vous avancez ou voulez défendre comme arguments.
Le plus possible, vous devriez être en mesure d'expliquer ce que vous affirmez
ou ce que vous dites que les autres disent (par exemple, lorsque vous rapportez
un argument d'un auteur). Cela signifie que non seulement vous devez expliciter
le plus possible chacune de vos idées, mais aussi qu'il vous serait possible
de les défendre, avec des arguments et pas seulement avec vos sentiments, vos
valeurs ou vos croyances, contre des gens qui n'auraient pas le même avis que
vous sur la question.
- N'essayez pas de faire du style. On reconnaîtra vos qualités de clarté avant
d'apprécier l'élégance de votre prose. A l'encontre de ce qui est exigé d'un
texte littéraire, le verbe " être " peut apparaître très souvent dans un texte
philosophique, et a fortiori un texte philosophique d'un étudiant de premier
cycle. Cela ne signifie pas que l'on acceptera de vous une syntaxe fautive ou
des phrases trop lourdes. Au contraire : un texte clair est un texte composL
de phrases assez courtes, sans jargon inutile et sans emphase. Cela signifie
malheureusement un texte dont l'auteur est assez absent au niveau du style.
- Références:
- Faites de bonnes références: donnez des références pour des assertions que vous voulez discuter et pour des citations et pour rien d'autre. Utilisez:
Selon Frege (1892: 109), il faut distinguer le sens (``Sinn'') de la référence (``Bedeutung'') d'un terme singulier. [...] Dans "Concept et Objet" il arrive à la conclusion suivante: "Le concept cheval n'est pas un concept." (Frege 1892a: 37). [...] Bibliographie:
- Gottlob Frege, 1892, "Über Sinn und Bedeutung", Zeitschrift für Philosophie und philosophische Kritik NF 100, pp. 25--50, cité d'après la traduction française par C. Imbert dans (1971: 102-126)
- Gottlob Frege, 1892a, "Über Begriff und Gegenstand", Vierteljahreszeitschrift für wissenschaftliche Philosophie 16,
pp. 192--205, cité d'après la traduction française par C. Imbert dans (1971: 127-154)
- Imbert, Claude 1971, Gottlob Frege: Écrits logiques et philosophiques, Paris: Éditions du Seuil
- Évitez les références à des sources internet (sauf que pour les encyclopédies): utilisez-les comme sources d'inspiration et dites ce que vous dites en utilisant vos propres mots. Le plagiarisme (= copier des phrases ou passages entières de quelqu'un d'autre sans les marquer comme citations) n'est pas seulement immoral mais aussi illégal.
- Orthographie:
- Evitez, à tout prix, les fautes d'ortographe.
- De même que pour la lecture d'un texte, un bon travail de philosophie demande
plusieurs rédactions. Il est vrai que souvent les délais impartis pour les travaux
ne nous permettent pas plusieurs versions d'un même texte, mais lorsque la chose
est possible, un texte gagne beaucoup à être rédigé à l'avance, laissé ensuite
quelques jours de côté, puis réécrit.
La manière la plus simple d'écrire un travail de séminaire ou une evalutation notée hors session est de le faire dans un cours, un séminaire ou dans des travaux pratiques. Souvent, un tel travail se compose de plusieurs parties qui sont rédigées au cours du semestre.
Un travail de séminaire rédigé hors session se fait de la manière suivante (chez moi, et ceci varie beaucoup selon les enseignants):
- Deux mois ou un mois et demi avant l'obstention désirée de l'attestation, les étudiants concernés me contactent avec un plan de travail et une bibliographie provisoire.
- Un mois avant, ils m'envoient une version complète de au moins 3000 mots par attachment.
- Je la lis et je fais des commentaires au cours d'une semaine. Si nécéssaire ou désiré, on peut se voir (sur rendez-vous) pour en discuter.
- Ils rédigent la première version en prenant en compte mes commentaires et m'envoient une première revision deux semaines avant la date finale.
- Une semaine avant, ils m'envoient une version finale, qui prends en compte mes commentaires et qui ne contient pas de fautes d'orthographe.
- Avant la date finale, je leur envoie l'attestation par courrier.
- Les attestations doivent être rendues au service des examens avant le début de la session pour laquelle on veut les faire valider.
Pour l'évaluation des travaux notés, je suivrai ce schéma:
base 4
bonne compréhension des problèmes + 0.5
très bonne compréhension des problèmes + 1
bonne argumentation + 0.5
très bonne argumentation + 1
fautes d'orthographe, langage trop compliqué - 0.5
beaucoup de fautes d'orthographes - 1
bonne structure du travail + 0.5
erreurs de contenu - 0.5
beaucoup d'erreurs de contenu - 1
erreurs d'argumentation - 0.5
beaucoup d'erreurs d'argumenation - 1
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Pour écrire un mémoire ou un autre grand travail en philosophie, la manière la plus simple de procéder est la suivante:
- Choix d'un domaine (p.ex. philosophie du langage ou épistémologie), en préférence un domaine étudié au cours des études (ce qui vous évite de commencer à zero).
- Lecture d'un bon livre d'introduction et choix d'un sujet (p.ex. théories de la vérité ou la justification des croyances perceptuelles).
- Lecture de quelques bons livres sur le sujet en question.
- Avoir quelques idées sur le sujet en question.
- Se poser une question (p.ex. Est-ce que la théorie de la vérité de Tarski est une théorie correspondantiste? Est-ce que le paradoxe de Moore appliqué aux croyances perceptuelles "Je vois que p mais je ne crois pas que p" est une contradiction logique (est-ce que voir c'est croire)?) Envoyer une description du projet au professeur concerné et à un(e) de ses assistant(e)s et se faire conseiller des modifications, des précisions et de la littérature pertinente.
- Développer, par écrit, une réponse à cette question, en prenant en compte la littérature pertinente.
- Raffiner la question, raffiner la réponse, poser peut-être une autre question apparantée, répondre à celle-là etc. jusqu'à ce qu'on ait écrit une quarantaine de pages (d'une argumentation claire et dense).
- Envoyer cette première version à l'assistant(e) et attendre deux semaines.
- Prendre en compte les critiques, peut-être lire d'avantage.
- Ecrire une conclusion et dire ce qu'on pourrait encore faire si on avait une autre année à passer sur le sujet.
- Ecrire une introduction sympa, mais pas trop longue.
- Rendre le travail au professeur et à l'assistant(e) et fixer une date pour la soutenance.
- Déposer le mémoire en trois exemplaires au service des examens (deux mois avant la soutenance).
- Préparer une petite présentation du travail de peut-être dix minutes pour la soutenance et des réponses à des questions sur le mémoire.
- Pendant la soutenance, se concentrer sur les arguments et essayer de se défendre le mieux possible.
- Faire une fête et ne pas oublier de m'inviter.
© 2008 Philipp Keller
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